Les Ganivelles de la Courrouze

Lors du projet des « Nouvelles Cabaneries », j’ai eu l’occasion de rencontrer Courrouz’if, l’association des voisins du quartier de la Courrouze. Il s’agit là d’une équipe bien dynamique, avec pleins de savoirs divers et complémentaires et des idées pleins la tête pour faire vivre leur quartier! Alors, bien évidemment, le contact est bien passé… Comme beaucoup d’associations, ils avaient envie d’expérimenter autre chose que des réunions, car si elles font certes avancer, elles manquent parfois d’actions et ne sont pas toujours réputées pour faire rêver. Alors une idée à commencée à germer : « Comment pouvons-nous nous questionner et nous réapproprier le quartier en passant plutôt par le jeu, le désir et l’action ? »… La réponse a été unanime : les ganivelles pardi! Elles sont comme le symbole des frontières invisibles qui à la fois  nous séparent et nous relient à nos voisins.

Mais qu’est-ce que c’est ? Une ganivelle, souvent utilisée dans les dunes, est une barrière formée par l’assemblage de lattes de bois (habituellement du châtaignier calibré en 45mn de large et 13 d’épaisseur). Les lattes sont verticales, séparées les unes des autres par un espace dont la largeur détermine la perméabilité de la barrière et sont assemblées par du fil de fer galvanisé. Ça vous parle ? C’est un symbole fort ici à la Courrouze : elles sont présentes partout, elles découpent le quartier, guident les passants, questionnent sur leur fonction… Elles sont là !

Donc pour apprendre à se connaître, à se tester, nous avons organisé une première action le 22 septembre 2014 à 22h… Une opération furtive de nuit pour repeindre un lot de ganivelles et surprendre au petit matin, les voisins passant par là ! Voici un extrait d’un article de Courrouz’if qui retrace cette soirée : « Nous étions quinze ce soir-là, lampes frontales, blouses, chiffons, petits rouleaux et pinceaux, avec l’excitation de l’interdit, de la mission secrète. Courrouz’If en cette semaine d’inauguration de la biennale d’Art Contemporain est passée en mode furtif. Nous étions le commando « Arc en ciel » et nous avons joué en rythme… Alors quinze voisins et une dizaine de couleurs ont suffit pendant deux heures pour transformer le paysage. Nous avons choisi un espace presque clos et circulaire, une petite prairie dans les bois près de la grande Halle pour réaliser notre Œuvre ! » ( la suite de l’article est disponible ici).

Suite à toute la bonne humeur partagée dans le cadre de ce projet, nous avons choisi de poursuivre l’aventure. La question étant maintenant comment provoquer des occasions d’échanges, de mettre en mouvement les identités respectives et produire des esthétiques et sociabilités nouvelles. Après les avoir repeint en couleur, nous avons donc décidé de les transformer en espace de jeu, et les transformer ensemble en objet de conversation en créant une sorte de parcours de santé qui questionne la trajectoire qu’elles nous obligent à prendre. Un parcours de santé qui nous permet de les suivre, de les franchir, mais également de se poser, de s’exprimer d’un côté à l’autre…

Pour créer ce parcours, j’ai pris le temps de me balader avec quelques uns des voisins de Courrouz’if pour découvrir leur perception personnelle du quartier. C’était à chacun de se transformer en guide et choisir son parcours pour me faire visiter son quartier. Voici les différents itinéraires effectués :

plan_balade_courrouze

En ce qui concerne la symbolique des ganivelles, différents points de vue se sont dégagés… :
1 – Les ganivelles représentent une limite contestable. Elles agissent comme une frontière, une délimitation non esthétique. Elles cloisonnent les espaces et empêchent leur respiration. C’est un équipement provisoire pas très heureux qui pourrait être évité… Les chemins en friche sont plus propices à la rêverie. Quelle est la réelle fonction des ganivelles? Elles retrouvent un usage quand on les peint : une façon de se les approprier et leur redonner une qualité esthétique. Après, elles sont quand même bien plus agréables que les barrières Héras qui entourent les chantiers…
2 – Les ganivelles orientent peut-être les passants mais c’est ainsi qu’elles leur permettent aussi de découvrir des lieux dans lesquels ils ne se seraient jamais rendu. Elles mettent en valeur les petits chemins et donnent envie de s’y faufiler.
3 – Les ganivelles en délimitant les espaces, en créent des nouveaux. Les exemples les plus flagrants sont ceux du côté du grand toboggan et du côté de l’espace en friche le long du boulevard Jules Maniez. Ce sont deux espaces que les enfants se sont appropriés car les adultes ne passent pas par là (trop de détours, difficilement praticables). Les ganivelles délimitent alors leur monde dans cette végétation, un monde à leur taille, pleins de recoins et de surprises…
4 – Les ganivelles ne sont pas seulement une barrière mais aussi une limite pour protéger les espaces verts. Aurait-on une telle diversité de plantes si tout le monde piétinait n’importe où? Les ganivelles sont mouvantes et permettent d’éduquer les passants : les habitants s’habituent à elles, prennent des réflexes, apprennent à faire attention, à ne pas marcher là… puis les ganivelles reculent ou disparaissent, mais les habitudes restent.
5 – Les ganivelles sont plutôt des interfaces, des bordures : une sorte d’écotone (une zone de transition entre 2 écosystèmes) où pleins de choses intéressantes peuvent se produire !
6 – L’aspect sécuritaire vient surtout des grilles qui entourent le grand marron ou les mikados… Avec leurs aspects franchissable et fragile, les ganivelles sont moins connotées…

Forts de cette matière et après réflexion, nous avons donc imaginé différentes installations possibles : https://www.thinglink.com/scene/675664744555741185 (en vert les installations déjà réalisées, en rouge celles à venir).

Et voici les photos des installations réalisées en juillet 2015 (un comptoir de voisinage à côté du skate parc et en face de la « mangrove »; un passage pour les enfants qui adorent jouer dans cet espace entre les deux murets en pierres; un point de vue pour observer un escalier camouflé dans la végétation; un portique qui mène nul part pour activer l’imaginaire et donner une fonction à l’interruption de ganivelles; un panneau d’affichage qui fait disparaître les ganivelles pour imaginer le paysage sans elles…) :

Ce projet verra une suite à partir de janvier. Si vous voulez rejoindre l’équipe, n’hésitez pas à nous envoyer un message…

 

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Bacs à Jardiner et Incroyables Comestibles…

Le jardin peut-être un moment de loisirs, de relaxation, d’observation, de défoulement, de réflexions, d’expérimentations et/ou d’échanges…etc. La liste est longue ! Et ma perception du jardin, m’a entraîné à m’intéresser de plus près au mouvement Incroyables Comestibles (http://www.incredible-edible.info/). Il s’agit d’un mouvement citoyen qui propose aux habitants de produire eux-mêmes des légumes en bas de chez eux, puis de laisser la production en libre accès. Le C.A.M.T.A.R a croisé au détour d’un chemin Gaël Lorin, citoyen très actifs dans les groupes de Rennes (http://incomrennes.wix.com/incomrennes) et Bruz (http://icbruz35.wix.com/icbruz) : quoiqu’il arrive vous le trouverez toujours avec pleins de graines à partager dans les poches et des idées pleins la tête!

Un atelier palette dans le jardin de Culture Bio (http://www.illeetbio.org/) à Guichen, nous a permis de construire ensemble un bac pour Marie-Danièle qui fait partie de ceux qui lancent le mouvement à Bruz ! Cela nous a permis de mettre au point un tutoriel pour que chacun(e) puisse se réapproprier ces techniques de bricolage et mettre un bac devant chez lui/elle ! Vous pouvez retrouver les bacs et jardins partagés par vos voisins jardiniers sur le site plantcatching.

bacs en hauteur   1795906_687920541270962_1108048802_o

 

Personnellement, n’habitant pas en ville, il m’est plus difficile de poser un bac devant chez moi : les voisins sont à plusieurs kilomètres, ce qui enlève le côté pratique… La solution serait donc de transformer le C.A.M.T.A.R en bac Incroyables Comestibles mobile et proposer des trocs de graines à chaque nouvel arrêt !
Jardin aimenté mobile

Atelier Tout en Palettes à Culture Bio

Quelle meilleure façon de se rencontrer que d’apprendre à bricoler ensemble ? Et n’ayons pas peur d’apprendre, de nous tromper, de tout casser : la matière première est bon marché, il s’agit de palettes recyclées.

Il faut savoir que toutes les palettes ne sont pas traitées : la plupart sont à usage unique donc rien ne sert de leur faire subir un traitement coûteux. On les reconnaît à leur aspect brut (elles ne sont ni rouges, ni bleues), et exempt de marquage (sauf s’il s’agit d’un dessin d’épi de blé : cela signifie que la palette a été chauffée à haute température, et non traitée).
Donc n’hésitons plus à nous saisir de cette pratique bon marché et inventer de nouvelles structures qui égaieront notre environnement!

Pour rencontrer les habitants des agglomérations sud de Rennes et du Pays de Vallons de Vilaine, le C.A.M.T.A.R s’est associé à Culture Bio (http://www.illeetbio.org/) pour proposer des chantiers palettes à prix libre. Chacun arrive avec ses envies, apprends à bricoler et repart avec son objet ! En une journée, les personnes qui ne s’étaient jamais servies d’outils gagnent en autonomie et en assurance, et peuvent à leur tour apprendre aux nouveaux participants.

Réalisation d’une structure légère pour le C.A.M.T.A.R, en collaboration avec le collectif MIT


Le C.A.M.T.A.R a rencontré le collectif MIT (http://collectifmit.fr/) et l’idée a germé de collaborer ensemble pour la réalisation d’une extension au camion. Ce projet s’est développé au cours du mois de juin.

Après une concertation, nous avons mis en lumière certains critères d’usages auxquels l’extension devait répondre :
• L’extension doit permettre d’augmenter la capacité d’accueil du C.A.M.T.A.R en offrant un abri convivial, protégé de la pluie ou du soleil.
• Elle doit correspondre à la mobilité du C.A.M.T.A.R en étant facile à (dé)monter et à transporter; et en s’adaptant à chaque atelier (elle doit être à la fois un espace où l’on peut se réunir, discuter, bricoler, cuisiner). Elle peut être rangée dans un coffre de toit.
• Elle doit avoir une surface pouvant accueillir minimum 10 personnes assises en cercle.
• Une fois qu’elle sera créée, le camion deviendra surtout un espace de stockage et d’affichage, et l’extension deviendra le lieu de vie, l’espace de rencontre. Elle sera un intermédiaire, une lisière : elle sera à la fois une ouverture sur la rue mais aussi une porte d’entrée sur les ateliers du C.A.M.T.A.R.

Deux membres du collectif MIT, Andréas et Timothée, sont venus une semaine à la maison pour mettre en œuvre ce chantier et se confronter aux problématiques techniques.
Nous avons ainsi préféré une galerie de toit plutôt qu’un coffre pour avoir une structure de base sur laquelle s’accrocher et surtout bien ancrée au camion.

Je les ai invité à découvrir l’univers dans lequel j’évolue, ainsi que les gens qui m’entourent pour qu’ils puissent prendre conscience de l’environnement du C.A.M.T.A.R.
Ils ont ainsi
jugé judicieux d’utiliser comme matériel pour la structure de l’extension, des tubes de barrières héras : matériel léger, facile à récupérer sur les chantiers, facilement remplaçable et très maniable. Après quelques tests, nous sommes partis sur une structure plutôt aérienne sur laquelle viendrait s’accrocher un tissu lycra. Ce tissus est très extensible : il permet une grande flexibilité et laisse une grande place à l’imagination!

 

le C.A.M.T.A.R vu par éco-bretons

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Article sur le C.A.M.T.A.R, paru dans le webzine éco-bretons.info réalisé par l’association Bretagne Durable et Solidaire (Premier média territorial dédié au développement durable et solidaire. L’un des objectifs phares de l’association est d’inciter à l’écriture citoyenne et de sensibiliser le plus grand nombre de bretons aux thèmes du développement durable, et ce, en les informant des initiatives qui foisonnent sur le territoire.)